Ce que couvre vraiment une assurance tous risques avant de signer

26 septembre 2026

On vient de récupérer un véhicule neuf ou récent, le concessionnaire glisse qu’il faut « au moins du tous risques », et on se retrouve face à un contrat de plusieurs pages sans savoir précisément ce qui sera pris en charge le jour où ça compte.

L’assurance tous risques est la formule la plus complète du marché automobile, mais « complète » ne signifie pas « sans limite ». Avant de signer, mieux vaut décortiquer ce que couvre réellement ce type de contrat, ce qu’il exclut, et ce qui a changé récemment sur les tarifs.

Surprime catastrophes naturelles et hausse tarifaire : ce qui a changé en 2025

Quand on compare des devis d’assurance auto tous risques, le montant affiché intègre des composantes qu’on ne soupçonne pas toujours. Depuis le 1er janvier 2025, la surprime destinée au régime Cat-Nat est passée de 6 % à 9 % pour l’assurance automobile, en application de l’arrêté du 22 décembre 2023. Concrètement, la cotisation augmente même si le niveau de garanties reste identique.

Cette hausse de trois points s’applique à tous les contrats auto, mais elle pèse davantage sur une formule tous risques parce que la prime de base est plus élevée. On parle d’un surcoût mécanique, sans aucune amélioration de couverture en contrepartie.

Pour un conducteur qui hésite entre tiers étendu et tous risques, cette donnée change le calcul. Si le véhicule a perdu une part significative de sa valeur, l’écart de cotisation amplifié par la surprime Cat-Nat peut rendre le tous risques moins pertinent qu’il ne l’était deux ans plus tôt.

Femme en rendez-vous avec un conseiller en assurance pour comprendre les garanties d'un contrat tous risques

Garanties couvertes par une assurance tous risques auto

Responsabilité civile et dommages tous accidents

La base reste la responsabilité civile, obligatoire pour tout véhicule en circulation. Elle prend en charge les dommages matériels et corporels causés à des tiers. Le tous risques y ajoute la garantie dommages tous accidents, qui couvre les dégâts subis par le véhicule assuré, que le conducteur soit responsable ou non, et même sans collision avec un tiers.

Déformation de carrosserie, vitres brisées, pneus éclatés après un choc avec un obstacle fixe, perte de contrôle sur chaussée mouillée : ces situations sont indemnisées. C’est la différence fondamentale avec un contrat au tiers, où seul l’adversaire est couvert quand on est en tort.

Vol, incendie et bris de glace

Un contrat tous risques inclut en standard la garantie vol (tentative comprise), la garantie incendie (y compris explosion) et le bris de glace (pare-brise, lunette arrière, vitres latérales). Ces garanties existent parfois en formule intermédiaire, mais elles sont systématiquement intégrées dans un tous risques.

Catastrophes naturelles et événements climatiques

Grêle, inondation, tempête : la garantie événements climatiques couvre les dommages au véhicule liés aux intempéries. La garantie catastrophes naturelles, elle, intervient après publication d’un arrêté ministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle dans la commune concernée. Les délais d’indemnisation courent à partir de cette publication.

Garantie du conducteur

On l’oublie souvent, mais c’est un pilier du contrat. La garantie du conducteur prend en charge les dommages corporels du conducteur lui-même en cas d’accident responsable. Le point à vérifier : le plafond d’indemnisation de la garantie conducteur varie énormément d’un contrat à l’autre. Certains contrats fixent un seuil bas qui, en cas de blessure grave, laisse une part importante des frais à la charge de l’assuré.

  • Responsabilité civile (obligatoire) et protection juridique automobile
  • Dommages tous accidents, y compris accident responsable sans tiers identifié
  • Vol, tentative de vol, incendie, explosion
  • Bris de glace, événements climatiques, catastrophes naturelles
  • Garantie du conducteur (dommages corporels du conducteur responsable)
  • Assistance dépannage-remorquage (périmètre variable selon les contrats)

Exclusions de garantie : ce que le tous risques ne couvre pas

Le terme « tous risques » induit une fausse impression d’exhaustivité. Chaque contrat comporte des exclusions, listées dans les conditions générales et parfois dans les conditions particulières. Les ignorer, c’est découvrir au moment du sinistre qu’on n’est pas indemnisé.

L’assureur peut refuser l’indemnisation dans plusieurs cas précis :

  • Conduite sans permis valable (permis retiré, suspendu ou annulé)
  • Faute intentionnelle du conducteur (collision volontaire)
  • Conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants
  • Délit de fuite ou refus d’obtempérer
  • Utilisation du véhicule sur un circuit automobile ou une piste non autorisée

Ces exclusions figurent dans la quasi-totalité des contrats auto. D’autres exclusions, plus spécifiques, varient d’un assureur à l’autre : usure normale des pièces mécaniques, dommages liés à un défaut d’entretien documenté, ou encore sinistre survenu lors d’un prêt de volant à un conducteur non déclaré au contrat.

Les exclusions doivent être indiquées de manière claire dans le contrat. Si elles sont noyées dans des annexes ou rédigées de façon ambiguë, on peut les contester. Avant de signer, la lecture des exclusions prend dix minutes et peut éviter des mois de litige.

Propriétaire de voiture photographiant les dégâts sur son véhicule après un sinistre pour déclarer un accident à son assurance tous risques

Franchise auto : le montant qui reste à votre charge

La franchise est la somme que l’assuré paie de sa poche lors d’un sinistre couvert. En tous risques, elle s’applique à la plupart des garanties, parfois avec des montants différents selon le type de dommage.

On distingue la franchise absolue (montant fixe déduit de l’indemnisation) et la franchise relative (en dessous d’un seuil, rien n’est versé ; au-dessus, tout est pris en charge). La franchise bris de glace est souvent distincte de la franchise dommages.

Un contrat affichant une cotisation basse compense généralement par une franchise élevée. Comparer les contrats uniquement sur le prix mensuel fausse l’analyse : il faut rapprocher la cotisation annuelle, le montant de chaque franchise et le plafond de la garantie conducteur pour avoir une vision réaliste du coût réel en cas de sinistre.

Libre choix du réparateur et pièces de réemploi : deux droits à connaître

Choisir son garage après un sinistre

Après un accident pris en charge, l’assureur recommande souvent un garage agréé de son réseau. On peut accepter, mais rien n’oblige au recours à ce réseau. L’article L.211-5-1 du Code des assurances, issu de la loi Hamon du 17 mars 2014, garantit le libre choix du réparateur par l’assuré. L’assureur ne peut pas conditionner l’indemnisation au passage par son réseau.

Depuis la loi du 3 décembre 2020, les clauses interdisant la cession de créance au réparateur sont en outre nulles. En pratique, cela signifie que le garagiste choisi peut se faire payer directement par l’assureur, ce qui simplifie la démarche pour l’assuré.

Pièces de réemploi : impact sur la réparation

Depuis le 1er octobre 2024, le décret du 16 juillet 2024 précise l’obligation faite aux réparateurs de proposer des pièces de réemploi dans certaines catégories. Pour l’assuré, cela peut réduire le coût de la réparation et faciliter l’accord de l’expert sur une remise en état plutôt qu’un classement en perte totale.

Les retours varient sur ce point : certains assurés rapportent des délais allongés pour obtenir la pièce, d’autres constatent une économie tangible sur la franchise restante. Dans tous les cas, on a le droit de refuser une pièce de réemploi si une raison technique le justifie.

Critères de choix : quand le tous risques vaut le coût

Le tous risques n’est pas toujours la bonne option. La décision repose sur trois critères concrets.

La valeur résiduelle du véhicule, d’abord. Un véhicule de plus de dix ans dont la cote est faible sera indemnisé à hauteur de cette cote en cas de perte totale. Si la cotisation annuelle tous risques représente une part significative de cette valeur, le tiers étendu (avec vol et bris de glace) suffit souvent.

Le mode de financement, ensuite. En LOA ou LLD, le contrat de location exige généralement une assurance tous risques. On n’a pas le choix, mais on garde la liberté de souscrire auprès de l’assureur de son choix plutôt que chez le concessionnaire.

Le profil de conduite, enfin. Un conducteur avec un bonus élevé paiera une prime réduite en tous risques. Un jeune conducteur ou un profil malussé verra la cotisation grimper fortement, et la formule intermédiaire peut alors offrir un meilleur rapport couverture/budget.

Mise en scène d'un contrat d'assurance tous risques avec miniature de voiture, stylo et smartphone sur un bureau épuré

Pièges fréquents dans un contrat tous risques auto

Le plafond de la garantie conducteur est le piège le moins visible. Certains contrats affichent un plafond qui semble élevé, mais qui, face à une invalidité permanente grave, ne couvre qu’une fraction des préjudices réels.

La valeur de remplacement du véhicule constitue un autre point de friction. En cas de perte totale, l’assureur indemnise sur la base de la valeur vénale au jour du sinistre, pas sur le prix d’achat. Une option « valeur à neuf » prolonge cette référence pendant un ou deux ans, mais elle a un coût supplémentaire.

Les frais de fractionnement, enfin, alourdissent la facture. Payer sa cotisation mensuellement plutôt qu’annuellement entraîne un surcoût qui peut atteindre plusieurs dizaines d’euros par an. Ce surcoût n’est pas une garantie, c’est une charge financière pure.

Avant de signer un contrat d’assurance tous risques, le réflexe le plus rentable reste de mettre côte à côte trois devis en regardant les franchises, les plafonds de garantie conducteur et les exclusions, pas seulement la prime mensuelle. Le formulaire ci-dessous permet de recevoir un rappel d’un professionnel pour obtenir un devis adapté à votre véhicule et à votre situation.

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